Dr Guillaume Charbonneau

Dr Guillaume Charbonneau

Spécialiste en médecine de famille, gestionnaire et leader.

Que faites-vous maintenant comme médecine et pourquoi avez-vous choisi la médecine familiale?
Je fais de l’urgence, de l’hospitalisation et des soins intensifs à Maniwaki. Mon travail clinique est passionnant puisqu’il est très diversifié. Par exemple, à l’hospitalisation, je peux avoir des cas de syndrome coronarien aigu et de choc septique aux soins intensifs. Par la suite à l’étage, je vais m’occuper d’un soin palliatif puis d’une pancréatite, d’un AVC, d’un schizophrène et ainsi de suite. Je travaille beaucoup et je fais des activités cliniques très exigeantes au niveau des gardes et des horaires. Pour l’instant, je ne voudrais pas changer de pratique mais la beauté de la médecine de famille, c’est que le jour où je voudrai modifier ma pratique, j’aurai beaucoup de possibilités.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai choisi la médecine de famille. Pendant mes études en médecine, j’ai voulu faire toutes les spécialités. Finalement, j’ai compris que la seule spécialité qui me permettrait de continuer à m’intéresser à l’ensemble des problèmes de santé et qui serait la moins routinière serait la médecine de famille. C’est aussi la spécialité qui m’offrait le plus de flexibilité au niveau du lieu de pratique. Toutes les villes et villages du monde ont besoin de médecins de famille.

Quelles sont vos réalisations?
Je désire participer à ce qui se passe dans ma société et c’est pourquoi je m’implique dans ma communauté. Grâce à toutes mes implications, j’ai développé une expertise en gestion et j’ai appris à utiliser efficacement mon leadership.

Pendant mes études en médecine à l’Université de Montréal, j’ai été membre du Comité d’actions sociales et internationales (CASI), j’ai fait un stage d’aide humanitaire au Pérou et j’ai créé un comité d’éthique. J’ai été président de l’Association des étudiantes et étudiants en médecine de l’Université de Montréal (AÉÉMUM), co-fondateur de IFMSA-Québec (International Federation of Medical Student Association) et président de la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ).

J’ai fait ma spécialité à l’Université de Sherbrooke et j’ai continué à m’impliquer en étant président de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ) et président du comité des affaires pédagogiques en médecine de famille.

Une fois en pratique, j’ai voulu faire avancer le dossier de la reconnaissance de la médecine de famille comme spécialité. J’ai été élu président du Collège québécois des médecins de famille (CQMF) et administrateur au Collège des médecins de famille du Canada (CMFC). Cela m’a permis de contribuer à faire de la médecine de famille une spécialité au Canada en 2007 et au Québec en 2010.

Dans ma région, je suis aussi impliqué dans le DRMG (Département régional de médecine générale) et dans mon association régionale de la FMOQ (Fédération des médecins omnipraticiens du Québec).

Localement, je m’occupe du Guichet d’accès pour les patients qui n’ont pas de médecins de famille, je suis chef du département de médecine et je tente actuellement de créer un GMF (groupe de médecine de famille) sur notre territoire. Je suis aussi chargé d’enseignement clinique à l’Université McGill.

J’ai une vie professionnelle bien occupée mais heureusement je réussis à garder un équilibre avec ma vie de famille. J’ai deux beaux enfants de moins de 3 ans et une conjointe qui a aussi la chance d’être médecin de famille. Je donne également de mon temps pour aider au financement de Forces AVENIR. Cet organisme remet de prestigieuses bourses aux étudiants qui se sont distingués par leur implication sociale pendant leurs études. J’ai eu la chance d’être récipiendaire en 2004 (http://www.forcesavenir.qc.ca/universitaire/finaliste_view/1548 ) et aujourd’hui, je redonne à l’organisation.

Que conseillez-vous aux étudiants et externes en médecine qui songent à la médecine familiale?
Je vous encourage fortement à envisager la médecine de famille comme spécialité. Vous aurez la chance d’avoir une carrière stimulante, flexible et enrichissante. La diversité des pratiques et des patients vous permettront d’être constamment stimulés. Vous apprécierez la flexibilité au niveau du type de pratique et du lieu géographique où vous pourrez exercer. Votre vie personnelle sera enrichie par le contact très personnel avec l’ensemble de la vie de vos patients. D’une part, il est important de dire qu’il est possible, pour ceux qui y accordent de l’importance, d’avoir un revenu plus élevé en médecine de famille que la moyenne des autres spécialités. D’autre part, il est aussi plus facile d’avoir une pratique moins exigeante pour laisser plus de place à l’équilibre travail-famille. Tout dépend du type de pratique que vous choisirez.

Entrevue réalisée par Fazia Berkane

Dans ce numéro