Mathieu Hains : la variété au cœur du choix de carrière

Mathieu Hains : la variété au cœur du choix de carrière

Que ce soit en tant que président du Groupe d’intérêt en médecine familiale ou en tant que coordonnateur national des échanges cliniques au sein de l’IFMSA-Québec, la section québécoise de la Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine (IFMSA), Mathieu Hains est un de ces étudiants en médecine pour qui le désir de rendre service sert de source intrinsèque de motivation. Présentement étudiant en médecine à l’Université de Sherbrooke, cet étudiant originaire de la région estrienne est également athlète dans l’équipe universitaire d’athlétisme du Vert et Or et chanteur dans la troupe étudiante de comédie musicale Broadway FMSS de la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) à temps perdu. Malgré son horaire du temps plutôt chargé, il s’est entretenu avec Première Ligne de son intérêt pour la médecine familiale.

Nina Nguyen (NN) : Quelles sont les expériences qui vous caractérisent en tant qu’étudiant en médecine?

Mathieu Hains (MH) : Il y a plusieurs expériences qui m’amènent à devenir un meilleur médecin et citoyen plus tard. Il y a entre autres le Groupe d’intérêt en médecine familiale (GIMF) qui m’a donné beaucoup de leadership et de capacités de gestion de groupe. Mon implication dans IFMSA-Québec, une fédération étudiante québécoise, fait une grosse partie du travail aussi : je suis plus impliqué au niveau des stages cliniques, et cela m’a donné des habiletés et des capacités, encore une fois, à gérer une équipe en plus d’un programme de stages internationaux. Sinon, je me suis impliqué au niveau de la troupe de théâtre Broadway FMSS, que j’ai plus pris comme un loisir.

NN : Après plus de deux ans en médecine et de multiples expériences parascolaires, y a-t-il des choix de carrière que vous avez commencé à considérer ?

MH : La médecine de famille fait partie de mes choix principaux : je la considère parce que c’est une spécialité qui—je pense que c’est bien connu maintenant—est très variée, et la variété est ce que je préconise pour ma pratique future. Idéalement, j’aimerais avoir plusieurs emplois différents au cours d’une semaine. La médecine de famille, c’est un peu ce que ça me permettrait d’avoir : faire de la clinique, faire de la recherche, faire de l’enseignement. Ce sont toutes des tâches qui vont me passionner plus tard, donc c’est une avenue que j’envisage grandement.

On pense que c’est du bureau, du 8 à 4 du lundi au vendredi, puis qu’on voit seulement de l’hypertension et des petites fièvres, mais ce n’est pas le cas…

NN : Quels ont été les moments les plus marquants qui vous ont justement orienté vers une carrière possible en médecine de famille ?

MH : C’est sûr qu’occuper le rôle de président du GIMF m’a beaucoup exposé aux différentes facettes de la médecine familiale, autant en région éloignée qu’en grand centre. J’ai rencontré plusieurs personnes, car j’ai été dans plusieurs congrès et forums. C’est sûr que cela, oui, m’a influencé, ne serait-ce que de par les contacts que je me suis fait ou les activités auxquelles j’ai participé à l’organisation. Cela a fait une grosse différence, mais les autres pôles de mon implication ont aussi fait une différence au sens que je me suis rendu compte que, justement, la variété, c’était très important pour moi, c’était là-dedans que j’étais heureux. La médecine de famille me permettrait, justement, d’avoir en même temps un côté « international », un côté « recherche » et un côté « enseignement ».

NN : Comment continueriez-vous la promotion de la médecine de famille une fois médecin ?

MH : C’est sûr que je ne pourrai plus faire partie d’un GIMF étant donné que je serai médecin, mais ce sera le temps de redonner à ces GIMF en étant soit conférencier ou soit en participant aux activités pouvoir aider les étudiants à bien mener leurs activités. On sait très bien que lorsqu’on a un diplôme en main, notre poids social est plus grand et on a une plus grande influence, ne serait-ce qu’au niveau du gouvernement, mais aussi pour donner des conférences, participer aux soupers-causerie, accepter des étudiants en parrainage pour une demi-journée : ce sont toutes des choses qui seront possibles. En ce moment, on cherche des médecins, mais je me dis que, dans quelques années, lorsque je serai médecin, je pourrai leur accorder mon aide.

NN : À part une exposition précoce et accrue à la spécialité, existerait-il d’autres moyens de mobiliser l’intérêt pour la médecine de famille ?

MH : Certainement, ne serait-ce qu’en démystifiant les préjugés que les gens ont envers cette pratique. On pense que c’est du bureau, du 8 à 4 du lundi au vendredi, puis qu’on voit seulement de l’hypertension et des petites fièvres, mais ce n’est pas le cas lorsqu’on se rend compte de ce que c’est vraiment. Des fois, les statistiques peuvent être très, très révélatrices : par exemple, 50 % des accouchements sont faits par des médecins de famille ! Effectivement, je ne l’aurais pas su si je n’avais pas fait partie du GIMF, et ce sont toutes des choses qu’on peut essayer d’enseigner à la population. Je vous dirais que le but n’est pas nécessairement d’inciter les étudiants à aller en médecine de famille, mais ne serait-ce qu’ils connaissent cette spécialité-là et qu’ils la respectent dans leur pratique plus tard, les relations professionnelles seront bien meilleures plus tard.

Bien que Mathieu Hains attribue le maintien d’un équilibre réussi entre ses études et ses activités parascolaires à son réseau de support, cet étudiant animé d’un altruisme sans commun a été récompensé plusieurs fois pour sa capacité à apporter des changements au sein de sa communauté. Sans aucun doute, l’engagement communautaire modèlera le parcours professionnel du futur médecin, qui définit déjà la médecine de famille comme une spécialité riche d’opportunités. « Au pluriel », précise-t-il, et il est déjà très probable qu’il réfléchisse déjà aux formes que pourra prendre son engagement social, que ce soit aux niveaux local ou même international. –PL

Nina Nguyen, équipe 2014-2015Propos recueillis par Nina Nguyen
Université de Sherbrooke

Dans ce numéro