La dernière grande étape du parcours médical

La dernière grande étape du parcours médical
Une grande différence entre la résidence et la pratique est la modulation de l’horaire au bureau | Photo : Volha_R

En tant qu’étudiant en médecine, on entend souvent parler du passage de l’externat à la résidence, mais qu’en est-il de la transition entre celle-ci et la pratique en tant que médecin de famille? Cette entrevue, réalisée avec deux médecins de famille amorçant leur pratique depuis quelques mois, permettra de démystifier cette dernière grande étape du parcours médical.

Dre Maude Falardeau a effectué son doctorat en médecine à l’Université de Sherbrooke avant de faire une résidence de deux ans en médecine de famille à l’Université de Montréal dans la petite ville de Mont-Laurier. Elle pratique en bureau et en hospitalisation depuis l’été 2025. En dehors de la médecine, elle aime le plein air, la randonnée, le volleyball et voyager à travers le monde.

 

Dre Amélie RaymondDre Amélie Raymond a, pour sa part, étudié à l’Université de Montréal pour ensuite entamer une résidence de deux ans en médecine de famille à Mont-Laurier également. À sa formation, elle a ajouté une période de trois mois supplémentaire en médecine d’urgence. Depuis le mois de novembre 2025, elle pratique à l’urgence en alternant entre Mont-Laurier et Rivière-Rouge. Outre sa passion pour la médecine, elle fait du patinage artistique dans ses temps libres.

 

Le grand saut vers la pratique autonome
Se retrouver en pratique autonome du jour au lendemain peut apporter son lot d’appréhension et d’inquiétudes. À la fin de sa résidence, ce que redoutait le plus Dre Falardeau était de se retrouver seule. Comme résident, il y a toujours un certain sentiment rassurant d’être supervisé. Au premier jour de pratique en tant que médecin de famille, ce filet de sécurité disparaît. La réalité est qu’il est impossible de tout voir durant sa résidence, donc les nouveaux médecins doivent rouler avec l’incertitude constamment.

La pratique en région est différente, c’est-à-dire qu’à l’urgence, Dre Raymond est la seule médecin sur place et la nuit, la seule dans tout l’hôpital. Cette responsabilité peut venir avec un sentiment d’imposteur, d’incertitude, voire de malaise au début de sa pratique. Dre Raymond se réfère alors souvent à l’expérience des infirmières ou aux spécialistes de garde pour demander des avis.

Reconnaitre les limites de ses connaissances, être sécuritaire si le problème dépasse ses compétences et accepter de demander de l’aide sont des conseils qui permettent d’apprendre à vivre avec les zones grises. Même après des dizaines d’années de pratique, les médecins font face à certains cas où ils sont incertains. Ces zones grises sont fréquentes et plusieurs conduites différentes sont justifiées. En début de pratique, la disponibilité des collègues pour discuter des cas et répondre aux questions est inestimable et aide beaucoup les nouveaux médecins au quotidien. Devenir confortable dans la gestion de ces zones grises est alors un des grands défis du passage à la pratique autonome.

Dre Falardeau et Dre Raymond ont l’avantage de pratiquer dans la région où elles ont fait leur résidence, mais quelqu’un qui amorce sa pratique dans un nouveau milieu peut rencontrer le défi de ne pas connaitre les ressources et les services disponibles ni les particularités du fonctionnement de l’hôpital. Il y a donc aussi cette portion d’adaptation à considérer en plus de la transition de résident à médecin en pratique autonome.

Les grandes différences entre la résidence et la pratique
La résidence en médecine de famille et la pratique autonome diffèrent sur plusieurs points. En effet, les résidents touchent à plusieurs sphères de la médecine dont certaines qui correspondent moins au type de pratique souhaité. En tant que médecin, les Dre Falardeau et Raymond peuvent alors orienter leur travail en fonction de ce qu’elles aiment comme type de pratique. Par exemple, Dre Falardeau aime beaucoup travailler avec les personnes âgées donc sa patientèle de bureau reflète davantage cette tranche d’âge. Pendant sa formation, elle voyait des patients de tous les âges.

Une autre grande différence entre la résidence et la pratique est la modulation de l’horaire au bureau. Les décisions d’ajouter une pause au milieu de la journée pour rattraper le retard ou gérer la paperasse, de commencer plus tard pour aller porter les enfants à l’école ou d’ajuster la durée des consultations appartiennent au médecin. À la résidence, cette flexibilité est limitée.

Ce que les médecins auraient aimé savoir avant de débuter leur pratique en tant que médecin de famille
Les Dre Falardeau et Raymond auraient aimé en savoir davantage sur la facturation avant de débuter leur pratique en tant que médecin de famille. Ce sujet demeure peu abordé avant le début de pratique. En parler avec des collègues pour avoir des avis sur les compagnies de facturation permet de se faire une meilleure idée de ce qui pourrait le mieux nous convenir. Aussi, lors de leur première journée de pratique, les deux nouveaux médecins se questionnaient sur les informations nécessaires à noter pour facturer ou bien qu’est-ce qui pouvait être facturé exactement pour chaque cas. Les rencontres de formation avec les compagnies de facturation ou les conseils des collègues sont très aidants à ce niveau.

À PROPOS DE L’AUTRICE

Kamylle Lachaine, Promotion 2027
Université de Sherbrooke – Campus Sherbrooke

Kamylle Lachaine est une externe junior à l’Université de Sherbrooke. Coprésidente du Groupe d’intérêt en médecine familiale de l’UdeS, elle apprécie la pratique variée de cette spécialité qui permet de prendre en charge le patient dans sa globalité.

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