La pratique avec une infirmière en GMF

La pratique avec une infirmière en GMF
S’entourer d’une équipe permet une prise en charge plus globale du patient, tout en améliorant l’accès aux soins et en réduisant la charge mentalePhoto : PanuShot

Dre Patricia Caron est une omnipraticienne originaire de Saint-Georges-de-Beauce. Depuis plus de 13 ans, elle exerce à la clinique médicale de Saint-Gédéon, un GMF qui fait partie du GMF de Beauceville en Chaudière-Appalaches. Diplômée de l’Université Laval, elle a été rapidement attirée par la médecine de famille, qu’elle décrit comme une pratique polyvalente et complète. En parallèle de son travail en cabinet, Dre Caron fait de l’hospitalisation et assume la présidence de l’Association des médecins omnipraticiens de la Côte-Sud (AMOCS). Durant la pandémie de COVID-19, elle a également joué le rôle de coordonnatrice à la réaffectation médicale en Beauce. Son engagement et son leadership contribuent activement au dynamisme des soins de première ligne et au bien-être de sa communauté régionale.

Description de la patientèle type de l’omnipraticienne
Dre Caron décrit sa patientèle comme allant de 0 à 100 ans. Sa pratique couvre donc un large éventail de besoins, touchant autant la périnatalité que la gériatrie, en passant par la santé mentale et la gestion des maladies chroniques. Cette diversité est essentielle pour répondre aux besoins de la population de Saint-Gédéon, qui est elle-même très variée.

Les débuts de la collaboration
Dès son arrivée en GMF, Dre Caron a commencé à travailler avec une infirmière. Au départ, celle-ci était présente à temps partiel et les deux professionnelles évoluaient surtout de façon indépendante. Le rôle de l’infirmière était alors pensé principalement pour le suivi du diabète, ce qui constituait un bon point de départ pour une pratique collaborative. Toutefois, le champ de pratique était beaucoup plus limité qu’aujourd’hui.

L’évolution du travail d’équipe
Avec les années, la collaboration s’est transformée. L’infirmière est devenue un membre central de l’équipe. Elle rencontre désormais les patientes et les patients avant le médecin et réalise leurs examens médicaux périodiques au complet, ce qui contribue grandement à un suivi médical plus approfondi. Son implication s’étend également au suivi des maladies chroniques, notamment à la révision de la médication. À Saint-Gédéon, la configuration du milieu favorise une communication étroite et efficace entre médecins et infirmières au bénéfice des patientes et des patients. La collaboration interprofessionnelle est donc bien présente au sein de l’équipe.

Les avantages de la collaboration médecin-infirmière
Selon Dre Caron, la présence d’une infirmière au sein d’un GMF transforme concrètement la façon de répondre aux besoins des patientes et des patients. L’infirmière occupe un rôle central grâce à sa grande polyvalence. Elle peut adapter ses interventions en fonction de la réalité de la population, qu’il s’agisse de périnatalité, de gériatrie, de santé mentale ou de maladies chroniques. Il découle de cette flexibilité une offre de services plus ciblée et plus accessible.

Un autre avantage majeur réside dans la continuité des services. En effet, Dre Caron souligne que même lorsqu’elle travaille en hospitalisation, l’infirmière demeure présente à la clinique. Elle peut ainsi voir les patientes et les patients, évaluer les situations urgentes et transmettre rapidement les informations importantes au médecin, sans devoir solliciter des collègues qui ne connaissent pas nécessairement les dossiers. Cette communication efficace facilite la prise en charge des problèmes de santé, même à distance, et contribue à éviter des déplacements inutiles au service de l’urgence, par exemple.

Le travail effectué en amont par l’infirmière allège également de façon significative la charge de travail des médecins. En réalisant les examens médicaux périodiques, en rencontrant la patientèle au préalable et en révisant les médications, elle permet au médecin de se concentrer sur les décisions cliniques essentielles. Ce fonctionnement réduit non seulement la charge mentale, mais favorise aussi une approche plus collaborative, où soigner devient une véritable mission d’équipe plutôt qu’un mandat strictement individuel.

De plus, lors des journées de sans rendez-vous, l’infirmière joue un rôle clé d’évaluation. Elle questionne et examine les patientes et les patientsdès leur arrivée et oriente, grâce à son expertise, les hypothèses diagnostiques, ce qui rend les consultations médicales subséquentes plus efficaces et mieux structurées.

Grâce au travail collaboratif médecin-infirmière, il devient possible de voir un plus grand nombre de personnes, d’augmenter l’accessibilité aux soins, d’assurer un meilleur suivi des maladies chroniques et de prévoir une révision plus rigoureuse de la médication. Cette approche globale et interdisciplinaire permet une prise en charge optimale des patientes et des patients.

Au-delà des bénéfices cliniques, cette collaboration contribue à instaurer une atmosphère de travail positive. Le partage des responsabilités, l’entraide et la proximité entre médecins et infirmières créent une ambiance plus humaine et stimulante pour l’ensemble de l’équipe au bénéfice ultime de la patientèle de Saint-Gédéon.

Compétences principales nécessaires chez les médecins et les infirmières afin de favoriser une collaboration efficace en première ligne
Aimer travailler en équipe, faire preuve d’ouverture et de flexibilité, ainsi que posséder une bonne capacité d’adaptation sont des qualités essentielles pour instaurer un environnement de travail collaboratif et efficace, selon Dre Caron. Dans un contexte clinique où les besoins des patientes et des patients évoluent constamment, ces compétences permettent aux professionnels de s’ajuster rapidement et de travailler de façon harmonieuse. De plus, de bonnes capacités de communication jouent un rôle central : elles facilitent le partage de l’information et favorisent une prise de décision concertée. Ensemble, ces qualités contribuent à renforcer la cohésion de l’équipe, à améliorer l’efficacité des soins et à créer un milieu de travail sain et stimulant pour tous.

Message aux futurs médecins
La médecine de famille est l’une des professions les plus globales et demeure essentielle au bon fonctionnement du système de santé actuel. Le fait de bien connaître sa patientèle permet au médecin de famille d’adapter sa pratique en fonction de ses besoins réels, de son contexte de vie et de l’évolution de sa santé. Cette vision globale et continue favorise une prise en charge cohérente, préventive et personnalisée, tout en améliorant l’efficacité des soins. Pour Dre Caron, cette approche est au cœur de la pratique médicale. « J’encourage les futurs médecins à s’engager dans cette belle pratique qu’est la médecine familiale. »

En bref, il est important de souligner que s’entourer d’une équipe est aussi bénéfique pour la patiente et le patient que pour la pratique professionnelle du médecin.

Éloïse Thomas, promotion 2028
Université Laval

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