Première ligne : bientôt dix ans!

Première ligne : bientôt dix ans!
Le tout premier numéro de Première ligne paru en 2011par Catheline Moreau

Dans le cadre de la refonte de la plateforme Web de Première ligne, je me suis dit qu’il était indispensable d’écrire un article retraçant le parcours de la revue, de son idéation jusqu’à maintenant. Ce devait être une section de l’article à propos du Médecin du Québec, mais pour cause de quantité d’informations importante, j’ai décidé de le présenter à part : au fond, c’est tant mieux que la longueur m’y ait obligé, parce que la matière traitée dans les deux articles est très différente – plus que je ne l’avais réalisé en tant que lecteur très occasionnel du Médecin du Québec. (Quoique je sois désormais déterminé à en devenir un lecteur régulier, vu l’accès gratuit pour les étudiants en médecine et tout ce que j’ai appris à propos de son contenu).

C’est en 2010 que commence l’histoire de Première ligne. Èvelyne Bourdua-Roy, une étudiante médicale impliquée dans le Groupe d’intérêt en médecine de famille (GIMF) de l’Université Laval (encadré), voit surgir « de nulle part, pendant une séance de jogging », cette idée d’une revue étudiante interuniversitaire sur la médecine de famille. Son objectif serait double : « mieux faire connaitre la médecine [de famille] et contribuer à créer un sens de communauté et d’appartenance chez les étudiants intéressés par cette discipline ». Elle en parle à Dr Guillaume Charbonneau, ancien président du CQMF, qui la qualifie de « novatrice et prometteuse ». Encouragée par ce soutien, Èvelyne contacte Dr Louis Godin – à ce moment déjà, et encore aujourd’hui, le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) – pour lui soumettre son idée. Comme ce projet s’inscrit tout à fait dans la lignée de la mission de la valorisation de la médecine de famille de la FMOQ, on retient son idée… mais pas la forme qu’elle voulait lui donner, soit celle d’un mensuel imprimé similaire au Médecin du Québec. « Rapidement, on lui a fait comprendre que c’était beaucoup de travail », explique Dr Martin Labelle, rédacteur en chef du Médecin du Québec depuis avril 2009, que j’ai eu le loisir d’interroger pour quelques articles de la présente parution de Première ligne. On choisit plutôt de le concevoir sous forme de webzine publié quatre fois par année.

Je me permets de l’appeler « Èvelyne » puisqu’à l’époque du récit elle était étudiante, mais elle est aujourd’hui en pratique, et donc il s’agit désormais de « Dre Bourdua-Roy ». Il est à noter que c’est également elle qui a fondé le Symposium étudiant sur la médecine de famille, cette activité annuelle que vous devez déjà connaitre, organisée en alternance dans les quatre universités et qui représente pour les étudiants médicaux québécois une occasion incroyable d’explorer toutes les facettes de la médecine de famille. Dans le numéro du mois d’avril, je vous présenterai son parcours médical unique et particulièrement intéressant.

La rencontre qui jette les bases du projet a lieu à Montréal un vendredi soir de janvier 2011. Elle se tient quelques jours à peine après que la FMOQ ait manifesté son intérêt et rassemble Èvelyne, les présidentes des GIMF des quatre programmes de médecine, un membre accompagnateur pour chacune ainsi que Jean-François Verville, délégué aux affaires politiques à la Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ). « Tout le monde embarque, une équipe de rédaction est formée et les sujets des premiers articles sont assignés », se rappelle Èvelyne. C’est en avril 2011 que paraitra la première édition de Première ligne, la revue des médecins de famille de demain. Èvelyne en sera la première rédactrice en chef, soit pour l’année scolaire 2011-2012.

Initialement, Dr Godin demande à Dr Labelle, directeur adjoint de la formation professionnelle, et à Dr Serge Dulude, ancien directeur de la planification et de la régionalisation, de chapeauter la revue étudiante. Mais c’est plutôt Dr Labelle qui le prendra tout naturellement en charge : « Dans le cadre de mon mandat de rédacteur en chef du Médecin du Québec, je faisais déjà un travail de relecture et de révision; c’était plus simple que ce soit géré ici. » La Direction de la planification et de la régionalisation continue de jouer un certain rôle dans la gestion de Première ligne, mais plutôt dans son volet financier. Le financement de Première ligne provient d’une partie du budget que la FMOQ débloque annuellement pour les activités des GIMF des quatre programmes universitaires médicaux du Québec – des groupes entièrement gérés par les étudiants (je le précise pour les rares lecteurs du webzine qui ne connaitraient pas encore le fonctionnement et la logique des groupes d’intérêt des étudiants médicaux). L’autorisation de refonte du site Web de Première ligne, dont vous avez présentement la nouvelle mouture sous les yeux, a donc été donnée après considération de l’enveloppe globale des GIMF, et surtout après évaluation de la pertinence de la mise à jour proposée au regard de la mission de valorisation de la médecine de famille.

C’est au nom du fait que Première ligne est en quelque sorte né des GIMF, comme initiative étudiante de promotion de la médecine de famille, que les liens entre les GIMF et la revue étudiante ont été établis dès ses débuts. Ainsi les six GIMF (Université Laval, Université McGill, Université de Montréal – Campus Montréal, Université de Montréal – Campus Mauricie, Université de Sherbrooke – Campus Sherbrooke, Université de Sherbrooke – Campus Saguenay) y ont chacun une section réservée à la présentation des activités qu’ils organisent sur leur campus respectif. En échange, ils s’engagent à fournir des résumés desdites activités à chaque édition de la revue, en contrepartie du financement qu’ils reçoivent de la part de la FMOQ. Le but de cette collaboration est de permettre à chaque GIMF de s’inspirer des idées des autres GIMF de la province, ainsi que de donner aux lecteurs un portrait d’ensemble de la motivation et de l’énergie avec lesquelles les étudiants médicaux québécois font rayonner la médecine de famille.

Étant donné que les collaborateurs ponctuels ne sont pas toujours aussi nombreux que souhaités, et que les chroniques des GIMF ne représentent pas des articles de fond sur la médecine de famille, j’ai cette année pris la décision de créer des liens plus pérennes avec des organismes qui, bien qu’ils ne concernent qu’indirectement la médecine de famille, s’adressent aussi aux futurs praticiens de cette spécialité. J’ai tout d’abord recruté Mélissa Raverdy, la responsable des communications de l’Organisation médicale étudiante en gestion des affaires (OMÉGA), pour lui offrir un endroit où présenter l’organisation et essayer d’intéresser les étudiants aux questions financières en médecine – qui y occupent une place importante, mais sont à mon sens trop souvent négligées. J’ai ensuite proposé à Francis Duplessis, conseiller financier aux Fonds FMOQ, qu’il y tienne une chronique de conseils financiers généraux aux étudiants médicaux. Les textes des Fonds FMOQ sont écrits en équipe, mais Francis Duplessis reste la personne-ressource qui assure les communications entre les Fonds FMOQ et Première ligne. Et je continue de chercher à établir de semblables ponts qui, je l’espère, renforceront la crédibilité de Première ligne.

C’est également la Direction de la planification et de la régionalisation qui, traitant les questions financières, remet une bourse de 2000$ au rédacteur en chef de Première ligne pour chaque mandat annuel, en remerciement de son engagement, et ce depuis la fondation de la revue. Même si Dr Labelle dit que la valeur de cette bourse est « plutôt symbolique », je lui souligne que, dans un budget étudiant, elle reste significative. Il décrit ainsi le rôle du rédacteur en chef de Première ligne : « C’est un grand travail de coordination, d’organisation et de stimulation de la participation des étudiants. » Dr Labelle s’y implique quant à lui en révisant les textes pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas de faits inexacts ni de critiques envers la FMOQ. Il ne prend toutefois pas en charge la révision linguistique comme il le fait pour Le Médecin du Québec; cette tâche est laissée aux étudiants, comme tout le reste de la production de la revue.

Première ligne, de 2012 à 2018

La gestion de la plateforme en ligne est réalisée par la même webmestre (gestionnaire de site Web) depuis les débuts de Première ligne, soit Catheline Moreau. J’en profite pour souligner son intérêt pour les écrits des étudiants – même si elle n’a pas elle-même de formation médicale officielle –, sa détermination à améliorer le contenu autant que le contenant de Première ligne et son sens de l’initiative… surtout quand les rédacteurs en chef étudiants, votre présent auteur y compris, se laissent trop prendre par les études pour être les moteurs (ou meneurs/leaders, si vous préférez, quoique je préfère parler de mobilisation que de leadership) qu’ils voudraient et devraient être. Si vous écrivez aux nouvelles adresses courriels de Première ligne, soit pour demander des informations ou souligner des coquilles ou problèmes techniques trouvés sur le site Web, il y a de fortes chances que ce soit elle qui vous réponde. Si vous recevez des notifications Facebook avec des liens vers les articles écrits par vos collègues étudiants, c’est grâce à elle. Si vous avez aussi accès au contenu de Première ligne sur Instagram, c’est encore parce qu’elle travaille avec rigueur pour lui faire la publicité qu’il mérite. Prenez le temps de la remercier pour sa contribution à votre revue étudiante médicale préférée!

J’ai eu la curiosité de savoir si des collaborateurs étudiants de Première ligne se sont déjà retrouvés, dans la suite de leur carrière, à écrire dans Le Médecin du Québec. Dr Labelle a semblé légèrement décontenancé par la question et m’a dit qu’il n’en avait pas eu connaissance. Il a cependant tenu à souligner à quel point le contenu des deux revues était distinct, et donc que vouloir écrire dans l’un ne menait pas directement à vouloir écrire dans l’autre. Ainsi il souligne que Le Médecin du Québec est plutôt orienté vers la production d’articles scientifiques rigoureux fondés sur les principes de l’« evidence-based medicine », alors que Première ligne est plutôt un journal de nouvelles, accueillant les réflexions et les récits des étudiants, en un mot leur offrant une tribune pour partager leur passion pour la médecine de famille. Les liens que je voyais se trouvaient plutôt entre Première ligne et la section des chroniques diverses du Médecin du Québec, qui peuvent s’entrecroiser (sauf pour ce qui est de la facturation); mais là aussi, le fait d’écrire comme étudiant ne mène pas automatiquement à écrire comme médecin.

J’en profite pour remercier les lecteurs de longue date de Première ligne de continuer à suivre la revue et à la lire, que ce soit régulièrement ou irrégulièrement. Je souligne aussi que, puisque je termine cette année mon MD, je devrai céder le flambeau à un autre rédacteur en chef pour l’année scolaire 2019-2020. N’hésitez pas à me contacter, soit par courriel, soit par Messenger, si vous vous sentez à la hauteur du poste. Car en vérité je vous le dis, être la plaque tournante (la « communicase », comme j’aime à dire – sur le modèle du suffixe des noms d’enzymes – pour proposer la métaphore d’une enzyme psychique favorisant le mouvement des idées) d’autant d’étudiants intéressés par la médecine de famille, c’est un grand défi, mais aussi une immense source de plaisir.


Frédéric Tremblay
Université de Montréal – Campus Montréal, promotion 2019
Rédacteur en chef 2018-2019 de Première ligne

Dans ce numéro