Un recul pour la santé des femmes

Un recul pour la santé des femmes

La santé des femmes connait un fort recul chez nos voisins du Sud. En effet, un gouvernement se déclarant « pro-vie » complique la vie de plusieurs femmes en voulant rendre le choix de l’avortement impossible ou du moins, pour l’instant, plus difficile d’accès.  Le 4 octobre dernier, la chambre des représentants aux États-Unis (composée à 39% de femmes1) a voté pour rendre illégal l’avortement après 20 semaines de gestation.2 Selon le projet de loi, les médecins désobéissant à cette règle en continuant de pratiquer ce genre d’intervention seraient passibles de cinq ans d’emprisonnement. Plus tôt l’année dernière, les restrictions pour avoir accès à un avortement se sont multipliées, rendant certains États hostiles à cette pratique et forçant plusieurs femmes à parcourir des centaines de kilomètres pour avoir accès à une interruption volontaire de grossesse (IVG). De ces restrictions, je mentionne notamment l’ajout de complications administratives visant les médecins avorteurs, l’allongement des délais d’attente imposés aux femmes3 et les coupes budgétaires dans le financement des cliniques publiques offrant l’IVG4. Les États-Unis étant une puissance mondiale, les répercussions se sont étendues à l’international en janvier dernier lorsque Trump a signé un décret bloquant le financement aux ONG soutenant l’avortement.

Le choix à l’avortement devrait rester un choix personnel, et non une affaire publique. Une poignée d’individus à majorité masculine ne devrait pas être en mesure de prendre cette décision pour des millions de femmes.

Si nous tentions de suivre la logique de ce nouveau gouvernement qui vise à minimiser le nombre d’avortements dans son pays, nous serions portés à croire que l’accent serait mis sur l’importance des moyens de contraception. Détrompez-vous. Le vendredi 6 octobre dernier, l’administration Trump a annulé la disposition de loi établie par le gouvernement Obama qui obligeait les employeurs à inclure la couverture budgétaire pour les moyens de contraception dans leurs assurances-santé, même si c’était en contradiction avec leurs croyances morales ou religieuses. Cette mesure avait permis à plus de 55 millions d’Étatsuniennes d’avoir accès gratuitement à la pilule ou à toute autre méthode contraceptive5.  L’abolition de cette mesure est rien de moins qu’une insulte à la santé des femmes.

J’espère de tout cœur que nos collègues étatsuniens vont lever leur voix et qu’ils protesteront haut et fort pour faire tourner le vent, en se rappelant que la pratique médicale doit toujours être centrée sur les patient(e)s, peu importe nos convictions personnelles.

Vive notre ouverture d’esprit au Québec.

Vive notre système de santé imparfait, mais juste.

Vive le féminisme.


Elizabeth Godin

Étudiante en 2e année
Université Laval

 

Références :

  1. Leboeuf, Sophie-Hélène; Radio-Canada; États-Unis : les femmes toujours peu nombreuses dans les luttes pour le Congrès, 2016
  2. Agence France-Presse; Radio-Canda; États-Unis : la Chambre vote pour interdire l’avortement après 20 semaines, 2017
  3. Blanc, Sébastien; La Presse; L’avortement de plus en plus menacé aux États-Unis, 2017
  4. Agence France-Presse; La Presse, Washington coupe les vivres des cliniques pratiquant l’avortement, 2017
  5. 20 minutes; États-Unis : L’administration Trump annule l’obligation de remboursement des moyens de contraception par les employeurs, 2017