Santé mentale : Les relations de couple en médecine

Santé mentale : Les relations de couple en médecine

Que vous soyez en couple avec un autre étudiant en médecine, avec un étudiant d’un autre programme, avec quelqu’un évoluant déjà sur le marché du travail ou avec quelqu’un ayant abandonné les études, vous avez certainement noté certaines difficultés inhérentes à votre occupation principale, vos études médicales. Si vous n’avez toujours pas trouvé l’amour, vous vous interrogez peut-être sur votre capacité à entretenir une relation amoureuse en parallèle à votre formation. Bien sur, les relations de couple comportent d’emblée leurs lots de difficultés.  Jetons un œil sur ceux qui sont spécifiques à notre situation.

Les difficultés sont multiples. En tout premier lieu, je pense au manque de temps pour s’impliquer dans une relation. En effet, la charge d’étude, de même que l’implication parascolaire et la vie étudiante remplit rapidement notre horaire. À l’externat s’ajoute la difficulté à coordonner l’horaire de travail. Entre les heures régulières, les gardes de fin de semaine et ceux de semaine le soir, le couple doit trouver des moments pour être ensemble. Et une journée de congé pour le travailleur signifie souvent une journée d’étude pour le futur médecin. La charge de travail elle-même peut engendrer une tension dans le couple lorsqu’elle s’accompagne d’épuisement. Le stress des études et des débuts en clinique peut aussi devenir source de conflit s’il n’est pas bien compris par le partenaire. La difficulté à planifier la formation d’une famille au travers du curriculum médical peut être un enjeu majeur dans la relation amoureuse. Enfin, la médecine sous-entend une importante implication émotionnelle.  Il peut être difficile pour l’être aimé d’accepter et de comprendre toute la place que peuvent prendre nos patients dans notre tête et la force des émotions que peuvent susciter les situations cliniques et sociales quotidiennes, d’autant plus que nous sommes soumis au secret médical.

À vous de voir quelles activités prennent une bonne partie de votre temps en excluant l’étude. Déterminez par la suite vos priorités et voyez s’il serait possible de gagner un peu de temps en couple en faisant quelques compromis.

Des solutions?  Bien sur! 

Gérer son temps : Gérer son temps adéquatement, c’est s’assurer de réserver du temps libre de qualité pour être avec notre conjoint(e). Si les deux partenaires déterminent à l’avance que, disons le vendredi soir, est réservé à une sortie au restaurant en amoureux, il sera beaucoup plus facile pour chacun d’entre eux d’accepter, au courant des jours précédent, la charge de travail de l’autre. Prenez le temps de prendre vos repas en couple, sans étude et sans télévision.  Planifiez à l’avance les périodes plus difficile, comme les fins de sessions ou les stages à l’extérieur afin que le partenaire y soit préparé. Par exemple, planifiez un week-end en amoureux tout de suite après la période chargée afin de rattraper le temps perdu.

Communiquer : Probablement le conseil le plus important. Communiquer c’est dire ce que l’on ressent, exprimer ses besoins et ses attentes clairement, mais c’est surtout d’écouter. Écouter ce que le partenaire exprime, mais aussi écouter ce que son humeur, ses émotions, son langage corporel et ses comportements vous apprennent sur lui. Communiquer, c’est aussi les gestes d’affection au quotidien. Communiquer, c’est savoir ce que l’autre pense le plus justement possible et c’est lui partager une partie de notre être.

Savoir faire des compromis : Peut-être qu’il n’est pas nécessaire que vous participiez à TOUTES les activités étudiantes? Peut-être qu’il est possible de réduire légèrement le nombre de partie d’hockey que vous jouez dans une semaine? À vous de voir quelles activités prennent une bonne partie de votre temps en excluant l’étude. Déterminez par la suite vos priorités et voyez s’il serait possible de gagner un peu de temps en couple en faisant quelques compromis. Est-il  possible d’inclure votre partenaire dans certaines de vos activités? Il faut prendre le temps d’en discuter avec la personne aimée.

Faire plaisir : Ça n’a pas besoin d’être dispendieux, ni même original, mais faire plaisir à l’être aimé permet de faire comprendre à cette personne que même si notre nez est toujours dans nos livres, notre tête pense à elle souvent. Ne vous limitez surtout pas aux occasions spéciales!

Prévoir les grossesses : Si la fondation d’une famille pendant les études en médecine est un aspect important de votre relation de couple, consultez l’article Grossesse pendant la médecine : quelques points à considérer par Èvelyne Bourdua-Roy dans le numéro de novembre 2012 de Première Ligne.

Consulter : Si vous jugez que votre relation en vaut la peine et que la complexité de la situation en justifie l’usage, n’hésiter pas à recourir à de l’aide psychologique individuelle ou en couple. Les services d’aides aux étudiants de vos universités peuvent vous aider à trouver les ressources appropriées.

Samuel CaronSamuel Caron
Université Laval