Stage Sarros en médecine familiale à La Sarre

Stage Sarros en médecine familiale à La Sarre

De gauche à droite : Laurence Charbonneau, Anne-Julie Bussières, Édouard Giroux et Sarah Ste-Marie Lattuca

La Sarre… Vous connaissez cette ville, vous?

Moi, je n’en connaissais même pas le nom avant que des amis y ayant fait un stage m’incitent fortement à les imiter. Lorsque j’annonçai l’obtention du stage à mes parents, ceux-ci ne me comprenaient pas trop : « Tu vas travailler dans un village autochtone? ». « Je suis sûr qu’ils n’ont même pas Internet haute-vitesse! ». « Je crois que ton cellulaire ne fonctionnera pas là-bas! ». Leurs affirmations glacèrent légèrement mes ardeurs, mais malgré tout, mon objectif était de vivre une nouvelle expérience, bonne ou mauvaise! Après tout, le site Internet de la ville proposait plein d’activités à faire dans la région. Néanmoins, mes appréhensions par rapport au potentiel ennui qui allait m’attendre dans le fin-fond de l’Abitibi me convainquirent d’apporter avec moi une petite pile de livres et des projets personnels afin de passer le temps.

Stage coup de coeur, avril 2014Après 9 heures de route (durant lesquelles mon père s’émerveillait de l’histoire et de la géographie de la région), nous arrivâmes enfin à destination. Première surprise : un McDonald’s en entrant dans la ville! Finalement, pas si perdu que ça, La Sarre! Après un ravitaillement rapide, j’arrivai à l’appartement que je partagerais avec 1 à 2 autres étudiants en médecine, selon les semaines : c’était un IMMENSE 6 et demi avec toutes les commodités requises (oui, il y avait du Wifi). Ma colocataire, Sarah, aussi de l’Université de Montréal, mais de la cohorte au-dessus de moi, fut très accueillante et chaleureuse, comme le furent subséquemment mes autres co-chambreurs (Anne-Julie et Alex). En fait, sans vouloir généraliser, je peux vous affirmer avec certitude que tout le monde est très chaleureux en Abitibi, sans exception.

Dès ma rencontre avec la responsable de stage, je savais que j’allais beaucoup m’amuser ici : on m’avait fait un horaire très diversifié que je pouvais modifier si je le souhaitais. On m’a aussi donné une pagette si jamais j’étais intéressé à voir des accouchements et on m’a offert une journée d’observation avec les ambulanciers. J’ai eu aussi droit à une visite de la ville alors qu’elle m’escortait de l’hôpital à l’UMF, où j’allais passer plusieurs de mes journées. Tout au long du stage, j’ai été jumelé avec plusieurs patrons et résidents différents qui étaient tous très ouverts à l’enseignement et qui appréciaient beaucoup leur milieu de travail. J’ai fait des jours d’UMF, d’urgence, d’hospitalisation, de soins intensifs, de clinique diabétique, de semi-urgence, de chirurgie mineure, de soins à domicile… En fait, j’ai eu un bel aperçu de la diversité de la médecine familiale en région! On m’a laissé faire quelques consultations à l’urgence, ce que j’ai beaucoup apprécié aussi (j’ai posé mes premiers diagnostics officiels!) J’ai aussi été appelée pour un accouchement alors que je regardais une comédie musicale (quand ça tombe mal…). Le travail, qui s’était pourtant bien amorcé, a finalement requis l’assistance du gynécologue qui a dû utiliser les forceps alors que le bébé était engagé à 0+! Somme toute, l’exposition que j’ai eue à La Sarre est absolument fantastique.

Mis à part l’aspect clinique du stage, je souhaitais aussi découvrir la vie en région et m’intégrer à la communauté. C’est pourquoi, dès mon arrivée, j’ai été m’inscrire au gym, dont le propriétaire est aussi un des responsables Sarros. Ils ont une belle salle de crossfit et des entraîneurs très compétents. C’est aussi là que j’ai fait la rencontre de plusieurs personnes que j’allais être appelé à recroiser durant mon séjour. J’ai joint la ligue non-officielle de soccer du coin, qui disputait des rencontres amicales tous les mercredis soirs dans une ambiance bon enfant. J’ai aussi beaucoup exploré la région en bicyclette, en randonnée (il y a vraiment de beaux sentiers!) et avec mes colocataires et l’externe qui faisait son stage de médecine familiale en même temps que nous et qui disposait d’une voiture. Nous avons été à la plage (dans le lac où se situent les îles Mouk-Mouk!), faire de l’Arbre-en-arbre, assisté à des concerts, passé une soirée autour d’un feu et une autre sous les étoiles (chez un étudiant en pharmacie de Rouyn) et fait bien d’autres activités en plein air. Rétrospectivement, je ne me souviens pas avoir eu une seule soirée où je n’avais rien à faire… J’avoue avoir eu de la chance : alors qu’il a plu tout le mois à Montréal, nous avons dû recevoir 3 à 4 jours de pluie durant la durée du stage. Et pour finir, nous avons organisé une fête avec une dizaine de personnes du coin qui connaissaient Alex. Oh, et ai-je mentionné que les mouches sont bien moins voraces que dans mon imaginaire?

Je dois concéder qu’il y a bien entendu moins de choses à faire qu’en ville. Toutefois, je crois que le charme de cette région ne réside pas dans la variété des activités qu’on y pratique, mais dans l’esprit des gens qui y vivent. Ils sont bien plus cordiaux et ouverts à la discussion qu’en ville. Juste avant mon départ, nous avons même pu organiser une fête de départ avec des La-Sarrois que connaissaient un de mes colocataires!

Seule recommandation : ayez une voiture! Les distances sont bien plus grandes qu’en ville, ça vous permettra de vraiment apprécier la région dans toute son ampleur!

Édouard Giroux
Université de Montréal – campus Montréal

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