Laurence Jobidon, étudiante et artiste engagée

Laurence Jobidon, étudiante et artiste engagée

Laurence JobidonNative de Fermont, mais ayant grandi à Saint-Apollinaire (près de Québec), Laurence a su vite se distinguer par son talent dans le domaine musical en étant, d’une part, admise au Conservatoire de Musique de Québec dès l’âge de 10 ans et en raison de ses nombreux prix et distinction dans ce domaine. De plus, elle se décrit comme une personne qui « aime tout! Que ce soit l’orgue et le piano, le dessin ou la peinture, le soccer, le handball, le frisbee ou la politique, [elle est] partante ».

Ce n’est vraiment que vers la fin de ses études secondaires, par l’entremise de l’organisation du Forum Jeunesse des Changements Climatiques en Arctique, dont son école était l’hôte cette année là, que le goût de s’impliquer s’installa dans son esprit. Au niveau collégial, « [elle commença à s’intéresser] à la politique étudiante, via le comité de mobilisation politique, tout en menant cent mille petits projets à gauche et à droite (représentante de programme, caricatures pour l’album des finissants…) ». Au niveau universitaire, elle se sent particulièrement fière d’avoir mis sur pied un comité d’intérêt en recherche (IFMSA-Sherbrooke) et d’avoir dirigé la Troupe de Comédie Musicale de la Faculté de Médecine et des Sciences de la Santé (FMSS) pour sa première réalisation (Moulin Rouge). Depuis le printemps dernier, elle représente les étudiants au doctorat en médecine au niveau de la Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS).

Je pense que mon côté artistique influence principalement ma façon d’aborder les situations de façon plus intuitive ce qui, à mon avis, m’aide à dénouer des impasses sur le plan humain.

En ce qui concerne sa carrière médicale, « [elle] pense sincèrement [à se] diriger vers la médecine de famille, possiblement vers l’urgence ou la toxicomanie. »

Prix et distinctions

  • Première place – Catégorie Orgue : 21 ans – Concours de musique du Canada 2013
  • Bourse au mérite de l’AMQ (2013)
  • Bourse Desjardins « Je lance mon avenir, je crée mon projet » 2011-2012 – Catégorie « Étudiants de niveau universitaire »
  • Bourse des professeurs du Conservatoire de Musique de Québec (2011)
  • Première place – Festival-Concours de Rivière-du-Loup de 2011
  • Prix national du concours québécois en entreprenariat au gala Forces Avenir pour l’organisation du Forum Jeunesse sur les Changements Climatiques en Arctique (FJCCA) (2009)
  • Récipiendaire de la bourse Victorin-Germain, jeune leader de demain (2008)
  • Première place – Catégorie Orgue : 15 ans – Concours de musique du Canada 2007

Lorsqu’il est venu le temps de choisir ta carrière, as-tu hésité à choisir entre la médecine et la musique? As-tu senti que tu mettais de côté ta passion pour la musique?
Évidemment que j’ai hésité! Mais je suis très contente d’avoir choisi la médecine parce que c’est une discipline assez souple qui me permet de demeurer active dans le domaine musical, tandis qu’en musique il m’aurait fallu consacrer toute mes énergies à ce seul projet. Alors, non, je ne sens pas que je mets de côté la musique même si, évidemment, elle ne passe plus en premier.

Laurence JobidonComment ton côté artistique peut-il se manifester dans ton cheminement professionnel médical?
Je pense que mon côté artistique influence principalement ma façon d’aborder les situations de façon plus intuitive ce qui, à mon avis, m’aide à dénouer des impasses sur le plan humain. Et puis, il faut dire qu’au Conservatoire il faut développer une autonomie et une rigueur intellectuelle dont je compte bien me servir dans ma pratique médicale!

Quels sont tes projets à long terme, au niveau professionnel et personnel?
Je n’en ai aucune idée! J’y vais au jour le jour et quand un nouveau projet se dessine, j’embarque. Cela dit, j’aimerais bien avoir une famille et avoir une pratique à laquelle je pourrais intégrer un peu de recherche.

Y a-t-il des personnes qui t’ont inspirées et comment t’ont-elles influencées?
J’ai beaucoup été inspirée par le travail de Gilles Kègle et de Claude Julien. Je trouve réellement formidable de les voir aller au devant des gens et j’espère pouvoir avoir une approche inspirée de leur humanisme dans ma future pratique médicale.

Pourrais-tu me parler de l’importance, pour toi, de l’implication sociale d’un futur professionnel de la santé? Qu’est-ce que t’ont apporté tes multiples implications au fils des années?
À mon avis il est primordial, peu importe notre métier, d’être impliqué dans sa communauté. On oublie souvent que les métiers de soignants reposent sur un lien de confiance et c’est en s’impliquant dans sa communauté et auprès des gens que l’on peut gagner ce respect et cette confiance. D’un point de vue personnel, l’implication m’a permis de connaître de nouvelles réalités, des points de vue que je n’avais pas envisagés et des personnes formidables avec des bagages de vie différents du mien. C’est une grande richesse qui m’aide à garder les deux pieds sur terre.

À ton avis, quel est le rôle du médecin de famille dans notre système de santé?
À mon sens, le médecin de famille est le professionnel de la santé qui s’occupe d’accompagner les patients tout au long de leur vie. C’est celui vers qui le patient peut se tourner s’il a des questions. Il accompagne le patient dans le système de santé, lui explique ce qui se passe et s’assure que le patient reçoive des soins adaptés à sa réalité.

D’après toi, quels sont les principaux avantages à choisir la médecine de famille comme spécialité?
Le contact avec les patients, la diversité de la pratique et la souplesse de l’horaire.

Quelle est ta vision du système de santé actuel? Et de celui de demain?
J’ai parfois l’impression que le système médical actuel est complexe et éloigné de la réalité des patients. J’espère que le système de demain permettra une prise en charge plus près du patient (GMF, cliniques de pédiatrie sociale, visites à domicile, etc.) et permettra à tous les professionnels de la santé d’avoir un contact plus humain avec ceux-ci.

Pour terminer, as-tu un message à transmettre à nos lectrices et nos lecteurs?
Que la médecine est d’abord et avant tout une science d’humain à humain.

Frédéric Barrette-Pellerin
Collaboration spéciale

Dans ce numéro