La pratique en santé mentale chez les omnipraticiens

La pratique en santé mentale chez les omnipraticiens

Rencontre avec Dre Guylaine Lajeunesse-Viens

Dre Guylaine Lajeunesse-Viens

Dre Guylaine Lajeunesse-Viens

Au cégep, Guylaine Lajeunesse avait un penchant pour les sciences et elle affectionnait plus particulièrement la biologie. C’est la principale raison qui l’a poussée à débuter des études en médecine et ce n’est qu’après avoir entamé le préclinique qu’elle a vraiment compris pourquoi elle s’était dirigée dans ce domaine : pour aider les autres !

Au début de son parcours étudiant, Dre Lajeunesse pensait orienter sa carrière vers une spécialité quelconque. Toutefois, au fil du temps, elle s’est rendue compte qu’elle aimait beaucoup trop chacune des facettes de la médecine et qu’elle ne voulait pas se limiter à une seule spécialité et laisser tomber tout le reste. C’est ainsi qu’elle choisit la résidence en médecine familiale. Cependant, un stage l’avait particulièrement intéressée lors de l’externat, celui de psychiatrie : « Oui, parfois l’approche avec les patients psychiatriques fait peur, dit-elle, mais c’est tout de même fascinant ! Il ne faut pas oublier qu’au final, même si ces patients ne répondent pas nécessairement à toutes nos questions de la façon qu’on le voudrait, ils demeurent des patients comme les autres et notre but est de les aider! »

Afin de satisfaire ce champ d’intérêt, Dre Lajeunesse s’est bâti une pratique à son image. Ainsi, elle travaille en bureau à la clinique Bois-de-Boulogne de Montréal où on lui réfère quelques patients psychiatriques qu’elle suit, mais elle fait également de l’urgence, du court séjour et des soins intensifs à Albert-Prévost, le pavillon de psychiatrie de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal.

Pour Dre Lajeunesse, un étudiant souhaitant s’orienter vers la médecine familiale doit aimer le travail d’équipe, accepter de ne pas tout savoir, savoir gérer le stress et l’incertitude, aimer poser un diagnostic à partir d’une plainte très générale et aussi connaître, mais surtout accepter ses limites.

En bureau, Dre Lajeunesse ne demande pas de consultation psychiatrique de façon fréquente, mais si elle la juge nécessaire, elle n’hésite pas. Le fait d’être un médecin de famille lui permet parfois de suivre tous les membres d’une même famille, ce qui peut s’avérer très précieux pour un suivi, particulièrement en psychiatrie. Elle devient également une référence pour ses collègues moins « spécialisés » du côté psychiatrique qui peuvent aller la questionner par rapport à leurs propres patients. Dre Lajeunesse trouve également stimulant de travailler aux soins intensifs/court séjour psychiatriques, car ces patients suivis par des psychiatres sont souvent gardés à l’hôpital par ordonnance du tribunal et en tant que médecin de famille, elle peut légitimier et alléger la garde en ayant aussi le privilège de leur prodiguer des soins physiques (ex. infection, plaie, etc.).

Plusieurs cas intéressants sont vus à l’urgence et Dre Lajeunesse trouve des plus stimulants de devoir prendre en charge ces patients qui souvent ne savent pas où aller ni quoi faire. Malheureusement, son expérience lui a démontré que la demande en soins psychiatriques est élevée, mais que la prise en charge de patients n’est pas suffisante pour la combler. En effet, selon elle, les patients psychiatriques, de part le caractère psychique de leurs maux, sont les plus délaissés et ceux ayant le moins de voix et il est important pour le corps médical de ne pas avoir peur de les prendre en charge. Selon Dre Lajeunesse, les médecins de famille faisant du travail de première ligne et de la prise en charge globale ont un très grand rôle  à jouer au sein de la société et du corps médical afin de répondre à cette demande importante.

Pour Dre Lajeunesse, un étudiant souhaitant s’orienter vers la médecine familiale doit aimer le travail d’équipe, accepter de ne pas tout savoir, savoir gérer le stress et l’incertitude, aimer poser un diagnostic à partir d’une plainte très générale et aussi connaître, mais surtout accepter ses limites. Un étudiant se découvrant un penchant pour la psychiatrie doit quant à lui accepter de ne pas avoir toutes les réponses voulues du patient mais savoir tout de même cheminer avec l’information qu’il reçoit. Il doit également accepter le risque d’avoir affaire à des patients parfois agressifs et souvent méfiants, mais surtout, il doit vouloir aider ces gens : la qualité première à avoir, selon Dre Lajeunesse, est de non seulement aimer la psychiatrie mais de vouloir la pratiquer!

Aux étudiants intéressés à suivre la même voie qu’elle, Dre Lajeunesse dit : « Lancez-vous dedans! Bien sûr qu’il est utile de s’inscrire à des stages/colloques portant sur la psychiatrie et de questionner ses tuteurs/patrons pour acquérir le meilleur bagage d’informations possible, mais le plus efficace est de dire à nos patrons, aux secrétaires et à nos collègues qu’on est intéressé par la psy. De cette façon, tout le monde sera au courant et pourra vous référer des patients! »

 

***Dre Lajeunesse est intéressée à prendre contact avec des étudiants en médecine souhaitant faire un stage d’observation. Si vous souhaitez communiquer avec Dre Lajeunesse, veuillez envoyer un courriel à l’équipe de Première Ligne et nous nous ferons un plaisir de vous mettre en contact avec elle!

Rachelle RodrigueRachel Rodrigue
Université de Montréal

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